Le vent ce soir…

Le vent me ramène toujours les soirs vaporeux d’éther bon marché, à la sensation familière maudite et pourtant si collante de ma vérité profonde. Toujours ainsi mes secrets se gardent et se perpétuent de moi à moi dans une horrible et gerbante sarabande infernale. Moi et moi, moi et moi , moi et cette peine cette douleur qui toujours revient les soirs de lune froide, d’alcool abondant et de fleur de peau chimiquement perturbée. Qui pour entrer la dedans ? Qui pour faire le ménage en caressant les cicatrices dans le sens ou ça passe bien… Qui pour écouter magnanime, patient, de l’amour plein les yeux, de la compassion plein les mains, sans rien d’autre que la présence rassurante de quelqu’un pour un soir qui écoute comprend et puis c’est tout, ou plus si affinité. Tourner autour s’en échapper, et puis toujours y revenir, inexorablement à ce sentiment. Ce sentiment d’injustice que rien ne touche sauf quelques chansons quelques mots bien tournés… Un jour ou un soir enfant, j’ai ressenti de plein fouet à jamais une douleur à l’intérieur, un désespoir infini, une solitude éternelle et je ne sais plus pourquoi, quand, en quelle occasion, mais je le sais c’est arrivé, et encore aujourd’hui 40 ans plus tard j’en pleure encore. Je ne sais pas, je ne me souviens plus mais ça fait mal et ça me pourrit la vie sans cesse… Le vent ce soir me caresse de son éther bon marché.