faut que j’ m’arrache


ça fait des heures que je poirote
sur ce quai d’ gare la gueule en vrac

ça fait des heures que j’attends l’ train
les nerfs à bloc je ronge mon frein

faut que j’ m’arrache
de cette ville fantôme
couper l’ cordon
qui me rattache à ma vie d’ môme

ça fait des heures que j’ broie du noir
les yeux noyés dans cette canette
ça fait des heures que j’essaie d’ voir
mon avenir en me prenant la tête

faut que j’ m’arrache
de cet endroit qui pue la pisse
faut que j’ m’arrache
de ce trou, je sens les prémices

des promesses nauséabondes
la grande kermesse des pantins et leur petit monde !

ça fait des heures que je poirote
ça fait des heures que j’ broie du noir
la gueule en vrac, les nerfs à bloc
je ronge mon frein sur ce quai d’ gare

faut que j’ m’arrache
fini de jouer, fini d’ rêver
les temps sont durs
mais c’est pas une fatalité

y a surement quelque part
un endroit doux, un endroit chaud
où je pourrais renouer le lien
avec l’enfance, ça serait bien !

faut que j’ m’arrache (X fois)

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