passent les comètes

Ignorance, incertitude, vertige immonde de ces mots damnés
Pour rien moins que la survie de ma vieille folie, je repousse avec désespoir
Les simulacres, les doutes profonds, la vérité, le quotidien d’une vie rêvée
Un rêve à tant de niveaux que j’en perd le fil, quel était donc le premier…
Celui si froid des enjeux, des obligations, des responsabilités, des concessions
Celui si doux de la paternité,  projection de soi vers mes plusieurs, qu’on me dit erreur
Celui d’un amour si construit qu’il me perd dans ses couloirs, et se joue de mon désir
Celui des peurs infâmes, honteuses morsures indélébiles qui me ruinent et ne me lâchent
Celui si chaud des corps qui passent, et que je pétris chaque nuit, de celle ci…
Celui d’un cœur si grand qu’il rebondit tout le temps comme une balle molle dans le vent

ame tourmentee

La réalité pour moi commence quand toutes les autres s’arrêtent, c’est à dire jamais.
Et pourtant, passent des comètes, des douches d’une eau chaude et apaisantes, qui me lave de mes eaux troubles, de mes tortures, je les vois passer mais je n’ai ni le courage ni la force de les retenir. Passent les taxi sidéraux… Je déprime grave. Mais c’est la condition à remplir dans mon contrat moral, celui qui me pousse à assumer mon rôle. Tous mes rôles, vis à vis de mes proches… Je m’y accroche comme un homme à la mer s’accroche à un bout de bois. Et puis résonne en moi de plus en plus l’envie de lâcher le bout de bois et me laisser dériver vers l’île de mes rêves ou sommeille encore un peu peut-être le trésor qui m’obsède. M’attendra t’ il? J’ai peur. Tout en sachant que ma peur me tue lentement. Je rajoute un niveau à ce rêve, celui plein d’espoir caressant, de me réveiller un matin dans un endroit inconnu, débarrassé à jamais de mes visites nocturnes, de mes possibles, libre, nu, dans les bras d’un arbre, sur une herbe tendre, sous la pluie, nu. Amnésique, muet, offrant mon corps aux étoiles, devenir Laid et ne plus m’occuper que de ce pour quoi je suis fait. Sauver le monde. Ma schizophrénie s’aggrave… ou bien est-ce ma camisole qui se détache doucement…

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