Lavomatique

 

Un après midi torride,
Dans la ruelle sale, je rentre dans le lavomatique
A moitié ensuquée par la chaleur et un ennui sordide
Rien à faire, à part décompter l’heure,
Les yeux voyageant entre tic de la pendule crasseuse
Et le clac du tambour de la machine
J’ai encore du louper une poche
Car y a quelque chose qui cogne
J’suis comme hypnotisée par les tours minutes
De l’infernale cocotte laveuse
Et soudain, j’entends le petit « ding »
De la porte d’entrée de la laverie automatique
Tournant la tête, je sors de ma torpeur…

Il entre, lunettes noires, cheveux noirs, peau bronzée,
Latino à mort jusque dans la croix en or qui brille
Sur les poils de son torse ; un vrai cliché !
Pas de sac de linge à laver, bizarre….
Il fait un signe de tête, moi je réponds en morse,
Je me sens super bête, lui il matte mes nibards…

Il enlève sa chemise,
Jusque là j’me maitrise,
Dévoilant ses tatouages,
Jusqu’ici je suis sage,
Puis il quitte son marcel
Moi, là, je coule une bielle
Puis il retire son jeans
Et là, moi, j’imagine,
En regardant son cul dans son boxer moulant,
Que je lui ferais bien le coup du nettoyage en cycle lent
Avec prélavage, lavage, rinçage, vidange et essorage
Et même le repassage
Et le tout gratuitement
Si je peux lui arracher son p’tit boxer moulant avec les dents.

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