Pornographe

Pornographe

Un sexe d’homme
dur, tendu,
courbé comme une banane
ou droit comme une matraque.
Un sexe d’homme
érigé vers le ciel,
comme un building, comme un gratte-ciel.
Un sexe d’homme,
lance guerrière,
au garde à vous et fière comme un militaire.
Un sexe d’homme,
gonflé par la vie,
chaud bouillant comme un volcan,
comme un geyser plein d’envie.
Un sexe d’homme,
lisse, doux, dans une main caressante.
Un sexe d’homme
nappé de miel :
sucre d’orge dans une bouche gourmande…

… J’écoute la musique du désir sur un vieux pornographe

Paul Valery – Corona et Coronilla. Poèmes à Jean Voilier

Ô chaude image qui me tente…
Tais-toi, Cervelle… Et toi, ma main
Ne vas pas, par le bas chemin
Manœuvrer à tromper l’attente…

Ne pense plus… Ne touche point:
Une amante n’est pas un poing
Qui donne la vie avec rage…

Ô comment vaincre cet émoi
Et ne pas déchainer l’orage
Qui grossit et monte de moi?

pensées esperanza-nauséeuses

La ligne entre le rire et les larmes
est si fine si fragile si belle
Je traverse sans regarder sans âme
Et me rince de douceurs virtuelles

Mes rêves s’entrechoquent,
Oh ma guenille le présent n’existe plus
1 pas en avant et 2 baffes en arrière
et je colle à ma face un sourire de métal

Oh comptez sur moi pas de problèmes
Toujours mes épaules emporteront
Toute la joie la chaleur et l’amour même
Autour de moi et collés à vos fronts

vide, hors durée

Je suis vide,
en moi ne résonne que le vide
Je suis sec,
en mon coeur ça craquelle sec
Je suis las
L’électricité n’est plus là
Je suis mort,
Tombé dans la neige, Matamore
C’est trop con
C’était pourtant assez pour toi gros con
C’est si lourd,
De porter sa connerie comme du velour
C’est la fin,
Que t’attendais, les genoux dans les mains
C’est ça! non?
Que t’as écrit un jour « la mort d’un con »

La terre

la terre voluptéTe pétrir lentement, te façonner, épouser tes formes, construire en te caressant le plus beau des châteaux.

Entrer dans tes douves, ériger tes tours, irriguer tes tranchées, défendre ton pont-levis, décorer tes créneaux de mes doigts curieux, et emplir tes meurtrières de mes carreaux vengeurs.

La terre m’appelle et m’engloutit dans son désir. La terre et l’eau jaillissent sur mon ventre heureux et m’éclaboussent entier, j’oublie et me laisse emporter dans ce torrent de volupté.

L’âme immense n’est que neige et pluie (Jacques Izoard) « Arbrealettres »

Un autre enfin se substitue
au sosie lui-même.
Et ce double est nu
sous la glycine et sous la fraîche
odeur d’orange.
Que ne peut-on l’aimer!
Un autre encore appelle
par-delà brouillards et cris:
touche mon bras, mon épaule!
Mais l’âme immense
n’est que neige et pluie.

(Jacques Izoard)

viaL’âme immense n’est que neige et pluie (Jacques Izoard) « Arbrealettres.

passent les comètes

Ignorance, incertitude, vertige immonde de ces mots damnés
Pour rien moins que la survie de ma vieille folie, je repousse avec désespoir
Les simulacres, les doutes profonds, la vérité, le quotidien d’une vie rêvée
Un rêve à tant de niveaux que j’en perd le fil, quel était donc le premier…
Celui si froid des enjeux, des obligations, des responsabilités, des concessions
Celui si doux de la paternité,  projection de soi vers mes plusieurs, qu’on me dit erreur
Celui d’un amour si construit qu’il me perd dans ses couloirs, et se joue de mon désir
Celui des peurs infâmes, honteuses morsures indélébiles qui me ruinent et ne me lâchent
Celui si chaud des corps qui passent, et que je pétris chaque nuit, de celle ci…
Celui d’un cœur si grand qu’il rebondit tout le temps comme une balle molle dans le vent

ame tourmentee

La réalité pour moi commence quand toutes les autres s’arrêtent, c’est à dire jamais.
Et pourtant, passent des comètes, des douches d’une eau chaude et apaisantes, qui me lave de mes eaux troubles, de mes tortures, je les vois passer mais je n’ai ni le courage ni la force de les retenir. Passent les taxi sidéraux… Je déprime grave. Mais c’est la condition à remplir dans mon contrat moral, celui qui me pousse à assumer mon rôle. Tous mes rôles, vis à vis de mes proches… Je m’y accroche comme un homme à la mer s’accroche à un bout de bois. Et puis résonne en moi de plus en plus l’envie de lâcher le bout de bois et me laisser dériver vers l’île de mes rêves ou sommeille encore un peu peut-être le trésor qui m’obsède. M’attendra t’ il? J’ai peur. Tout en sachant que ma peur me tue lentement. Je rajoute un niveau à ce rêve, celui plein d’espoir caressant, de me réveiller un matin dans un endroit inconnu, débarrassé à jamais de mes visites nocturnes, de mes possibles, libre, nu, dans les bras d’un arbre, sur une herbe tendre, sous la pluie, nu. Amnésique, muet, offrant mon corps aux étoiles, devenir Laid et ne plus m’occuper que de ce pour quoi je suis fait. Sauver le monde. Ma schizophrénie s’aggrave… ou bien est-ce ma camisole qui se détache doucement…

Période de chasse

A l’heure où les fauves vont boire,
A l’heure où ils sortent pour chasser
Leurs proies fragiles et graciles
Frêles gazelles, belles demoiselles aux yeux fardés
Belles antilopes, jolies salopes dévergondées
Pleines d’alcool et insouciantes, souriantes,
Confiantes et inconscientes du danger…

V comme…

V comme vie au lance pierre jetée sur l’autre,
V comme vie vie sex ionique fantasmé par des humanoïdes mort vivants,
V comme vie au long et lancinant grincement,
V comme vie bras tolérants levés au ciel se lamentant sur le chaos terrestre…